Quand on enquête sur soi, l'un des effets est...

Quand on enquête sur soi, l'un des effets est qu'on se défait de certaines identités.

Les masques, les rôles, les histoires qu'on se racontait sur soi-même et qui motivaient nos désirs et nos actions, s’effritent peu à peu et c'est libérateur, mais parfois aussi déstabilisant.

 

Si je ne suis plus défini par ma volonté de tout contrôler, par mon effort permanent et par mes objectifs sans fin, par quoi suis-je motivé ?
Si je n’ai plus de motivation, est-ce la fin du chemin?

 

Ce n'est pas la fin du chemin. C'est un passage. Un passage nécessaire.

 

Le serpent qui mut ne meurt pas, mais il perd sa peau ancienne, celle qui le protégeait et était adaptée à ce qu'il était. La nouvelle peau, est plus fine, souple, vive, sensible et colorée.

 

Quand on s’approche de la Réalité, de l’Être que l’on est intimement, on peut perdre une certaine image de soi, celle que l'on a entretenu pendant des années, parfois au prix d'efforts considérables.

On peut perdre des ambitions, des rêves, des projets qui étaient en fait des compensations plutôt que des aspirations authentiques. Bientôt de nouveaux désirs naîtront de l’intérieur, moins frénétiques, moins urgents, mais plus profonds, plus vrais, plus alignés avec la réalité de l’instant.

 

Entre les deux, il y a souvent un moment de vulnérabilité. Un moment où l'on n’est plus protégé par l'ancien, pas encore tout à fait à l'aise dans le nouveau. Ce sentiment de vulnérabilité peut se traduire par cette impression de ne plus rien désirer.

 

Dans ce moment de transition, on peut aussi perdre des relations qui étaient basées sur notre ancien fonctionnement, des amitiés, des relations amoureuses, qui ne trouvent plus leur place dans le nouveau.

 

Les conversations qui autrefois nous intéressaient semblent creuses.
Les dynamiques de groupe dans lesquelles on évoluait semblent artificielles.
Ce n'est pas que les autres sont moins bien, c'est que nos besoins ont changé.

 

Ce sentiment peut se manifester par un manque de désir de lien, qui ne sait plus où se diriger.

Il s’agit en réalité d’un rééquilibrage de nos besoins relationnels.

 

On cherche quelque chose de plus profond, des échanges qui ont de la substance, des liens qui ont de la sincérité, des connexions réelles.

Et cette qualité de lien est plus rare, elle se trouve moins facilement. Et il faut du temps pour trouver ou cultiver des relations qui raisonnent avec ce nouveau soi.

En attendant, il y a une solitude partielle qui peut être difficile à vivre. La réponse à cette solitude n'est pas de régresser. Ce n'est pas de faire semblant d'être qui on était pour retrouver la chaleur des connexions anciennes.

 

Le cheminement intérieur ne nous sépare pas des autres, il nous ouvre à une façon plus vraie d'être avec eux.

L’éveil à notre vrai nature n’élimine pas tous les désirs, il les simplifie, les rend plus authentiques, créatifs, dans le service à plus grand que soi.