La colère dans les belles paroles...

Je viens de regarder quelques vidéos de personnes lumineuses qui expliquent des choses importantes sur l'être humain, et je trouve très bien de montrer ce que nous sommes, la Réalité elle-même.
Toutefois, une question m'interpelle :

Pourquoi dire ces choses avec une légère colère ?

Même lorsque nous disons ne pas juger, la colère, même légère, ne peut-elle pas parfois devenir une forme de jugement ?

Je vois des personnes lumineuses transmettre de belles compréhensions, tout en jugeant, légèrement, parfois la manière de croire des autres.

Elles disent :

« Je ne juge pas. »

« Chacun est libre. »

Mais leurs paroles sont régulièrement accompagnées d'une certaine colère.

Et cela ne se perçoit pas seulement dans les mots.

Cela se manifeste aussi dans le paraverbal et le non-verbal.

Dans le ton de la voix.

Dans les expressions du visage.

Dans les gestes.

Dans la manière même de transmettre le message.

Alors, je m'interroge.

La Compréhension de ce qui Est n'est-elle pas neutre ?

Simplement Compassion pour tout ce qui Est.

Ceux qui ont atteint une certaine Compréhension de la nature humaine (qui n'est peut-être rien d'autre que la véritable spiritualité) ne devraient peut-être pas oublier le chemin par lequel ils y sont arrivés.

J'aime à dire que la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien.

Cela permet de garder sa coupe vide et de rester ouvert à la compréhension de l'autre.

Et cette compréhension est peut-être justement la Compassion.

La Compassion ne consiste pas à tout accepter.

Ni à tout tolérer.

Et encore moins à rejeter les autres en les fuyant.

Elle consiste peut-être aussi à se rappeler le chemin que nous avons nous-mêmes emprunté.

Nos colères.

Nos croyances.

Nos contradictions.

Et à accepter que l'autre puisse, lui aussi, traverser tout cela pour, peut-être un jour ( ou peut-être jamais) comprendre ce qui l'anime.

Car comment pourrions-nous juger le chemin de l'autre en oubliant celui que nous avons nous-mêmes parcouru ?

Et peut-être devrions-nous également nous demander :

Si nous avions vécu exactement la même vie que lui, avec les mêmes blessures, les mêmes croyances, les mêmes expériences, serions-nous véritablement différents ?

Peut-être que la Compassion commence précisément là.

Lorsque nous cessons de regarder l'autre depuis l'endroit où nous sommes arrivés, et que nous nous souvenons du chemin que nous avons nous-mêmes parcouru.

C'est peut-être dans cette Compassion que nous trouvons la paix avec nous-mêmes.

Avec l'autre.

Et avec ce qui Est.

Est-ce une Vérité ? Je n'en sais rien, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien et que je ne suis rien.

Cette parole, comme toutes les autres, n'est qu'une réflexion...

Alors, voyons simplement ce qui Est.