Celui qui cherche la lumière ne connaît jamais la paix.
Celui qui cherche l'ombre ne connaît jamais la guerre.
Étrange, n'est-ce pas ?
Depuis l'aube des croyances connues, l'homme cherche la lumière.
Il cherche à s'élever.
À atteindre.
À comprendre.
À devenir meilleur.
À trouver Dieu.
À trouver l'Éveil.
À trouver la Vérité.
À trouver cette béatitude qui mettrait enfin un terme à sa quête.
Mais chaque réponse devient une nouvelle question.
Chaque enseignement conduit vers un autre enseignement.
Chaque croyance vers une autre croyance.
Chaque maître vers un autre maître.
Chaque chemin vers un autre chemin.
Et l'homme continue de chercher.
Comme prisonnier dans les labyrinthes de sa propre tour de Babel.
Peut-être est-ce là, à ma manière de le voir, une différence entre l'ésotérisme et l'exotérisme.
L'éxotérisme cherche derrière ce qui est montré.
Il cherche ce qui est caché.
Le sens derrière le sens.
Le mystère derrière le mystère.
La connaissance derrière la connaissance.
Et lorsque quelque chose est découvert, quelque chose d'autre reste encore à découvrir.
L'esotérisme, peut-être, ne cache rien.
Il est là.
Visible.
Tellement visible que nous ne le regardons peut-être même plus.
Rien à découvrir derrière.
Rien à dévoiler.
Rien à posséder.
Seulement ce qui Est.
Est-ce réellement cela, la différence entre l'ésotérisme et l'exotérisme ?
Je n'en sais rien.
C'est simplement la compréhension que j'en ai aujourd'hui après des décennies passées à parcourir des écritures, des enseignements et ce qui pouvait être montré... ou ne pas l'être.
Et cette compréhension elle-même reste une croyance.
Alors je me pose une question :
Celui qui cherche constamment la lumière peut-il véritablement connaître la paix ?
Car chercher signifie peut-être déjà qu'il manque quelque chose.
Que ce qui Est maintenant ne suffit pas.
Qu'il faudrait être ailleurs.
Être autrement.
Devenir autre chose.
Alors pourquoi parler de l'ombre ?
Parce que personne ne veut vraiment regarder l'ombre.
Elle ne brille pas.
Elle n'attire pas.
Elle ne promet aucun Éveil.
Aucune illumination.
Aucun pouvoir.
Aucune connaissance cachée.
Aucun état extraordinaire à atteindre.
Dans l'ombre, peut-être n'y a-t-il simplement rien à voir.
Et c'est justement là que quelque chose devient intéressant.
Parce que s'il n'y a rien à voir...
Il n'y a peut-être plus rien à chercher.
Plus rien à atteindre.
Plus rien à devenir.
Plus rien à croire.
Il reste simplement ce qui Est.
Mais attention.
Ne faisons pas maintenant de l'ombre une nouvelle quête.
Car celui qui abandonnerait la lumière pour chercher l'ombre serait encore en train de chercher.
La lumière n'est pas la réponse.
L'ombre non plus.
Peut-être que la véritable question n'a jamais été :
« Où dois-je chercher ? »
Mais :
« Pourquoi est-ce que je cherche ? »
Et si, depuis tout ce temps, la lumière que nous cherchons n'était qu'une nouvelle manière de fuir ce qui Est ?
Peut-être que la paix ne se trouve ni dans la lumière ni dans l'ombre.
Peut-être apparaît-elle simplement lorsque cesse le besoin de chercher l'une ou l'autre.
Alors il n'y a plus de quête.
Plus de chemin.
Plus quelque chose à devenir.
Il y a simplement...
Ce qui Est.
Est-ce une Vérité ? Je n'en sais rien, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien.
Je Suis
Cette parole, comme toutes les autres, n'est qu'une réflexion d'une personne qui a consacré sa vie à chercher...
Alors, voyons simplement ce qui Est.