Puis-je t'aider ? Je ne sais pas.
« Je ne sais pas » ne veut pas dire « je ne sais rien »
On peut avoir beaucoup appris dans sa vie.
Avoir lu.
Étudié.
Expérimenté.
Traversé des choses.
Compris certains de nos comportements, nos blessures, nos peurs, nos réactions.
Et malgré tout cela, arriver devant une situation et simplement dire :
« Je ne sais pas. »
Et si ce n'était pas un manque de connaissance ?
On nous apprend plutôt à avoir une réponse
Pourquoi cette relation a échoué ?
Pourquoi cette peur revient ?
Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ?
Alors on cherche à comprendre.
La psychologie peut apporter des réponses.
Les neurosciences aussi.
Notre histoire personnelle également.
La philosophie ou certaines traditions spirituelles peuvent ouvrir d'autres regards.
Tout cela est du savoir.
Mais il existe une différence entre avoir une explication et savoir avec une certitude absolue que c'est l'explication.
Une personne reproduit toujours le même type de relation.
Cela vient de son enfance ?
Peut-être.
D'une peur de l'abandon ?
Peut-être.
Un autre parlera d'attachement.
Un autre de croyances.
Certaines pistes peuvent être très pertinentes.
Mais dès que nous affirmons :
« Voilà. C'est forcément ça. » nous risquons de ne plus regarder ailleurs.
Alors que :
« Voilà ce que je comprends aujourd'hui… mais je ne sais pas. » laisse encore quelque chose ouvert.
C'est pour cela que je ne dis plus « je ne sais rien »
Parce que ce serait faux.
Je sais beaucoup de choses.
Comme chacun de nous, j'ai des connaissances, des expériences, des apprentissages.
Et certaines personnes possèdent un savoir immense dans leur domaine.
Dire « Je ne sais pas » ne nie rien de cela.
Cela signifie :
« Voilà ce que je sais aujourd'hui, mais je reste capable de regarder autrement demain. »
On peut connaître énormément de choses et garder suffisamment d'espace pour reconnaître :
« Peut-être que je n'ai pas encore tout vu. »
Dans une rencontre humaine, c'est essentiel.
Car dès que je pense savoir exactement pourquoi une personne souffre, agit, aime, fuit ou recommence...
je risque de ne plus rencontrer cette personne.
Je rencontre l'explication que j'ai d'elle.
Et c'est aussi pour cela que je termine désormais mes paroles ainsi :
« Est-ce une Vérité ? Je n'en sais rien, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais pas. »
Ce n'est pas une formule d'humilité destinée à faire joli.
Et cela ne signifie surtout pas :
« Je ne sais rien. »
Cela signifie :
Je peux savoir beaucoup de choses sans savoir si ce que je crois savoir est la Vérité de ce qui Est.
Voilà toute la différence.
C'est vider sa cruche
Peut-être que notre savoir ressemble à une cruche.
Nous passons notre vie à la remplir de connaissances, d'expériences, de croyances et de tout ce que nous avons compris.
Cette eau peut être précieuse.
Elle peut même être très claire.
Mais si nous pensons que notre cruche contient déjà tout ce qu'il y a à savoir, plus rien ne peut y entrer.
Vider sa cruche ne signifie donc pas renoncer au savoir.
C'est empêcher notre savoir de devenir une eau stagnante.
Car ce n'est peut-être pas l'eau qui pose problème.
C'est l'absence de mouvement.
Lorsqu'une connaissance ne peut plus être questionnée, elle devient une certitude.
Et une certitude peut finir par nous empêcher de voir autre chose que ce que nous savons déjà.
Dire :
« Je ne sais pas »
c'est remettre l'eau en mouvement.
Permettre à certaines connaissances de rester.
À d'autres de partir.
À de nouvelles d'entrer.
Le mouvement empêche l'eau de stagner.
Et c'est aussi pour cela que je ne vous promets rien
Lorsque je vous reçois, tout mon bagage est là.
Mes connaissances sont là.
Mon expérience est là.
Mais je ne veux pas remplir votre cruche avec mes certitudes.
Je ne sais pas à l'avance ce que nous verrons.
Je ne sais pas ce qui apparaîtra.
Je ne sais pas ce que cette rencontre changera ou ne changera pas.
Je ne sais pas.
Je suis une fenêtre.
Je peux proposer un autre endroit depuis lequel regarder.
Mais c'est à vous de voir.
Moi, je ne sais pas.
Et peut-être est-ce justement pour cela que nous pouvons réellement regarder ensemble, sans décider avant même la rencontre de ce que nous sommes censés trouver.
Alors laissons l'eau se remettre en mouvement.
Je ne sais pas.
Alors voyons Cela.
Viens pour découvrir le « Je ne sais pas ».
Et peut-être verras-tu beaucoup plus, simplement parce que tu auras laissé l'eau de ta cruche se remettre en mouvement, plutôt que de la laisser stagner dans tes anciennes certitudes du « Je sais ».
« Les gens ne viennent ni pour une parole, ni pour un enseignement, ni pour une leçon de vie. Ils viennent pour une présence vivante. »
Prends rendez-vous pour une rencontre vivante, et nous verrons Cela.
ORḤĀYĀ — Une association née de la Compassion