Je viens de lire cette citation, généralement attribuée à Norman Cousins, qui dit :
« La mort n'est pas la pire chose de la vie. Le pire, c'est ce qui meurt en nous quand on vit. »
C'est une belle parole philosophique.
Toutefois, pourrait-on dire que la vie et la mort font toutes deux partie de ce qui Est ?
Il y a un commencement et une fin en toute chose.
Pas seulement pour notre planète.
Pas seulement pour notre système.
Pas seulement pour notre univers.
Pas seulement pour notre corps.
Mais également pour nos pensées.
Nos croyances.
Nos désirs.
Nos perceptions.
Nos joies.
Nos peines.
Ce qui meurt laisse toujours place à autre chose.
Cela fait partie du mouvement de la nature.
Une feuille tombe et nourrit la terre.
Une pensée disparaît et en nourrit une autre qui apparaît.
Une croyance s'effondre et peut laisser place à une nouvelle croyance.
Alors, peut-être que ce qui meurt en nous pendant que nous vivons n'est pas toujours la pire chose.
Peut-être que certaines choses doivent mourir en nous pour que d'autres puissent naître.
Et peut-être même que rien ne naît ni ne meurt véritablement.
Tout se transforme.
Tout est mouvement.
Celui qui veut absolument retenir ce qui Est, pour que rien ne change, est peut-être celui qui finit par s'enfermer dans son propre mouvement.
Car le mouvement de la vie est une transformation permanente.
Nous-mêmes, nous ne cessons de nous transformer.
Enfant, adulte, vieillard...
C'est le mouvement.
Et nous n'y pouvons rien.
Vouloir rester ce que nous étions — physiquement, dans nos pensées, nos croyances, nos émotions —, c'est peut-être devenir prisonnier de ce qui n'est déjà plus.
Alors, peut-être que vivre, ce n'est pas empêcher quelque chose de mourir en nous.
C'est permettre au mouvement de continuer.
Le début et la fin font partie de la nature.
Et nous sommes issus d'Elle, comme tout ce qui existe.
Alors, pourquoi notre fonctionnement serait-il différent de celui de la nature créatrice ?
J'ai moi-même pris une décision concernant le jour où je mourrai.
Je ne souhaite pas que ce corps soit brûlé, ni enfermé dans une boîte qui l'isolerait de la terre.
Je souhaiterais simplement qu'il retourne à la terre et puisse, à son tour, participer au mouvement de la nature en nourrissant autre chose.
Et je ferai mon possible pour que ce souhait puisse être respecté, dans un monde où nous n'avons peut-être plus beaucoup de liberté dans ce domaine.
Finalement, même ce corps que je pourrais dire « mon corps » ne m'appartient pas.
Il est né de la nature.
Il est nourrit par la nature.
Il vit par elle.
Et un jour, il retournera à elle afin de nourrir autre chose pour que le mouvement continu.
Tout est mouvement.
Est-ce une Vérité ? Je n'en sais rien, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien et que je ne suis rien.
Cette parole, comme toutes les autres, n'est qu'une réflexion...
Alors, voyons simplement ce qui Est.