À ces influenceurs qui jugent ce monde.
Nous voyons beaucoup de personnes, notamment sur les réseaux sociaux, qui, après avoir changé de vie, se mettent à critiquer le monde et la société qu'elles ont quittés.
« Ce monde est pourri. »
« Le système est pourri. »
« Ceux qui travaillent sont des pigeons. »
Etc...
Je ne vous juge pas.
J'ai simplement de la Compassion.
De la Compassion pour ceux qui ne voient peut-être pas toute la Réalité de ce qu'ils critiquent.
Et peut-être pas davantage leur propre Réalité.
Car il y a un paradoxe.
Nous pouvons critiquer le monde dans lequel nous vivons.
Mais nous profitons chaque jour du travail des personnes qui le font fonctionner.
Avec quoi filmons-nous nos vidéos ?
Qui a fabriqué notre téléphone ?
Qui l'a transporté ?
Qui nous permet d'avoir accès à Internet ?
Lorsque nous prenons notre véhicule, combien d'êtres humains ont travaillé pour que nous puissions simplement tourner une clé et avancer ?
Qui travaille pour que nous ayons du carburant ?
Lorsque nous entrons dans un magasin, nous sommes heureux de trouver ce dont nous avons besoin.
Lorsque nous allumons la lumière, des personnes travaillent pour que cette lumière arrive jusqu'à nous.
Lorsque nous prenons un billet d'avion pour fuir ce monde et ce système, qui travaille pour que nous puissions le faire ?
Lorsque nous sommes malades, nous sommes heureux de trouver une pharmacie ouverte.
Un médecin.
Une infirmière.
Un hôpital.
Et de pouvoir recevoir des soins sans avoir à débourser des dizaines de milliers d'euros.
Alors, ces personnes sont-elles vraiment des « pigeons du système » ?
Peut-être.
Mais si elles le sont, nous sommes bien heureux de profiter chaque jour de leur travail.
Alors, avant que nous jugions les gens de ce monde et de ce système, peut-être pourrions-nous simplement les remercier.
Reconnaître l'être humain derrière tout ce dont nous profitons.
C'est peut-être aussi cela, être humain.
Je comprends parfaitement le besoin de liberté.
Je le vis moi-même.
Je comprends celui qui veut quitter son travail.
Je l'ai fait.
Celui qui veut vivre autrement.
Je le fais.
Celui qui ne veut plus participer de la même manière à ce système.
Je l'ai cru moi-même.
Je comprends aussi celui qui trouve que les taxes et les cotisations sont trop importantes.
Ce que je crois.
Et peut-être que c'est vrai pour certains et non pour d'autres.
Nous pouvons évidemment questionner tout Cela.
Mais peut-être devons-nous aussi regarder l'ensemble de la Réalité.
Car une partie de ce que nous donnons permet aussi à d'autres de recevoir.
Lorsque nous cotisons pour la santé, nous participons aussi aux soins de notre prochain.
Lorsque nous cotisons pour les retraites, nous contribuons aussi à soutenir ceux qui nous ont précédés et qui ont participé à construire une grande partie de ce dont nous profitons aujourd'hui.
Et peut-être qu'un jour, lorsque nous serons malades, nous serons heureux que d'autres aient cotisé.
Peut-être qu'un jour, lorsque notre corps ne nous permettra plus de travailler comme auparavant et de vivre cette liberté, nous serons heureux qu'un peu de ce que les autres donnent nous permette encore de vivre.
Cela signifie-t-il que le système est parfait ?
Bien sûr que non.
Cela signifie-t-il que nous ne devons rien critiquer ?
Bien sûr que non.
Mais critiquer n'empêche pas de regarder toute la Réalité.
Nous pouvons vouloir changer le monde sans mépriser ceux qui le font fonctionner.
Nous pouvons vouloir être libres sans oublier que notre liberté elle-même repose souvent sur le travail des autres.
Car celui qui dit : je n'ai besoin de personne, a peut-être besoin de plus de monde qu'il ne le croit.
Et celui qui dit : je suis sorti du système devrait peut-être regarder autour de lui.
Ce qu'il porte.
Ce qu'il mange.
Ce qu'il utilise.
Ce qu'il conduit.
L'endroit où il publie ses paroles.
Nous sommes peut-être beaucoup plus interdépendants que nous voulons bien le reconnaître.
Alors, peut-être que la véritable liberté n'est pas de croire que nous n'avons besoin de personne.
Peut-être commence-t-elle aussi par RECONNAÎTRE HUMBLEMENT tout ce que nous devons aux autres.
Nous ne pouvons pas faire de nos croyances une Vérité.
Car peut-être que ce que nous disons du monde révèle parfois davantage ce que NOUS PORTONS en nous que la Réalité du monde lui-même.
Avant de regarder l'ignorance de toute une société, regardons peut-être NOTRE PROPRE RÉALITÉ INTÉRIEURE.
Et REMERCIONS aussi tous ces êtres humains invisibles qui, chaque jour, nous permettent de vivre la vie que nous avons choisie.
Et pour terminer cette parole, posons-nous simplement une question :
Que ressentirons-nous intérieurement le jour où nous aurons besoin de ce système et de ce monde, après avoir passé notre vie à les rejeter et à refuser d'y participer ?
Et quelles conséquences cela aura-t-il sur ce que nous portons déjà en nous ?
Est-ce une Vérité ? Je n'en sais rien, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien et que je ne suis rien.
Cette parole, comme toutes les autres, n'est qu'une réflexion...
Alors, voyons simplement ce qui Est.