Flammes jumelles : le danger d'une croyance ?

 

Flammes jumelles : le danger d'une croyance ?

Je me pose aujourd'hui une question sur les enseignements autour des flammes jumelles.

Non pas pour juger ceux qui y croient.

J'y ai moi-même profondément cru.

Mais que peut produire une croyance lorsqu'elle commence à être enseignée comme une Réalité ?

On dit à certaines personnes qu'il existe quelque part leur flamme jumelle.

Alors, peut-être passent-elles leur vie à la chercher.

Et pendant qu'elles cherchent cet être qu'elles pensent destiné à elles, combien de rencontres ne voient-elles peut-être plus ?

Combien d'Amours peuvent-elles laisser passer parce qu'elles attendent « la bonne personne » ?

On leur dit également que les flammes jumelles se retrouveront lorsqu'elles auront suffisamment travaillé sur elles-mêmes.

Mais imaginons maintenant la personne qui attend.

Les années passent.

Sa flamme jumelle ne revient pas.

Que peut-elle finir par penser ?

« Je n'ai peut-être pas suffisamment travaillé sur moi. »

« Je ne suis peut-être pas encore assez éveillée. »

« Je dois encore guérir quelque chose. »

Et inconsciemment, une croyance qui devait peut-être apporter de l'espoir peut commencer à produire une profonde souffrance.

Il y a aussi cette idée de deux flammes séparées à l'origine.

Mais que transmettons-nous alors ?

Que nous serions incomplets ?

Qu'une partie de nous se trouverait quelque part dans un autre être ?

Et s'il n'y avait jamais eu deux moitiés à réunir ?

Et si nous étions déjà complets ?

J'ai passé une grande partie de ma vie à étudier, chercher et essayer de comprendre de nombreux sujets notamment spirituels puisque dès mon très jeune âge, je me suis baigné dedans par les enseignements de mes parents qui étaient des gurus d'une pratique spécifique.

Les flammes jumelles en ont fait partie.

Lorsque j'ai rencontré mon incroyable épouse, j'y ai fortement cru.

J'ai écris des paroles magnifiques.

Convaincantes.

Affirmatives.

Et donner à chaque événement de notre histoire une signification qui a confirmé cette croyance.

Jusqu'au jour où j'ai commencé à regarder autrement.

Et j'ai compris quelque chose sur moi-même :

peut-être avais-je simplement construit une croyance pour donner une réponse à ce que je ressentais.

À cette résonance.

À cette intensité.

À cet Amour.

Cela ne rend pas ce que j'ai vécu moins beau.

Peut-être même le contraire.

Car je n'ai plus besoin d'une croyance extraordinaire pour reconnaître que ce que je vis avec mon épouse est extraordinaire.

Alors, lorsque j'interroge ceux qui enseignent les flammes jumelles, je pose une question très simple :

« Est-ce vrai ? »

Et surtout :

« Comment pouvez-vous en être certains ? »

La réponse finit souvent par être :

« Nous ne pouvons pas tout savoir dans la spiritualité. »

Ou :

« C'est mon opinion. »

Et c'est précisément là que quelque chose m'interpelle.

Si nous reconnaissons que nous ne savons pas, pourquoi affirmons-nous ensuite avec autant de certitude ce que nous croyons ?

Et si ce n'est qu'une opinion, pourquoi la transmettre parfois comme une Vérité sur la vie des autres ?

Peut-être est-ce là le véritable danger.

Non pas de croire.

Nous croyons tous en quelque chose.

Mais d'oublier que nous croyons. Et croire n'est pas une vérité absolue.

Depuis quelques décennies, particulièrement en Occident, peut-être avons-nous progressivement transformé la spiritualité en une immense tour de Babel.

Toujours plus de concepts.

De connaissances.

De vérités cachées.

De missions.

De vibrations.

D'illumination.

De connexions extraordinaires.

Et nous cherchons.

Encore.

Et encore.

Parce que quelque chose en nous veut comprendre.

Quelque chose veut savoir.

Quelque chose veut peut-être aussi se sentir spécial.

Mais que reste-t-il lorsque tous ces concepts disparaissent ?

Je suis profondément spirituel.

Mais peut-être que la spiritualité est beaucoup plus simple que tout ce que nous avons construit autour d'elle.

Peut-être commence-t-elle simplement par la compréhension.

La compréhension de la nature.

De la nature humaine.

De nous-mêmes.

Nous cherchons sans cesse des réponses auprès de la Création.

Mais nous oublions peut-être quelque chose : nous faisons partie d'Elle.

Si nous sommes nous-mêmes issus de la Création, alors comprendre ce que nous sommes, n'est-ce pas déjà nous rapprocher de sa compréhension ?

Nous cherchons parfois Dieu tellement loin que nous ne voyons plus ce qui est juste devant nous.

La vie.

La nature.

L'autre.

Nous-mêmes.

Nous sommes peut-être déjà complets.

Et peut-être que la spiritualité n'est pas d'ajouter encore une croyance à toutes celles que nous portons.

Peut-être est-elle justement de les regarder tomber les unes après les autres.

Alors la tour de Babel commence peut-être à s'effondrer.

Et derrière elle, nous découvrons quelque chose qui a toujours été là.

Ce qui Est.

Lorsque Moïse demanda son nom à Dieu, il lui fut répondu :

« Je suis. »

Et peut-être que cela peut aussi s'entendre ainsi :

« Je suis ce qui Est. »

N'est-ce pas, peut-être, un message nous indiquant où le trouver ?

Et peut-être y a-t-il bien plus encore derrière ces paroles...

Mais là commence un sujet sur lequel je n'écris jamais dans les Paroles d'ORḤĀYĀ.

Car certaines choses ne se découvrent peut-être pas en lisant des mots.

Les découvrir demande bien plus que cela.

Pour terminer cette parole, je voudrais te dire une chose, à toi qui me lis :

Tu n'as pas besoin de chercher à l'extérieur de toi ta propre identité.

Tu es déjà merveilleux.

Tu es déjà complet.

Tu es déjà lumineux.

Mais peut-être que tu ne le vois pas encore.

Et peut-être que toute cette quête ne consiste finalement pas à trouver ce qui te manque...

Mais à voir ce qui a toujours été là.

Cette parole est-elle une Vérité ? Je n'en sais rien, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien et que je ne suis rien.

Cette parole, comme toutes les autres, n'est qu'une réflexion...

Alors, voyons simplement ce qui Est.