Et si vouloir en sortir était notre prison ?
Ce n'est peut-être pas la prison qui enferme, mais le désir de sortir qui maintient l'esprit focalisé sur elle.
À force de vouloir échapper à ce qui Est, nous lui restons peut-être enchaînés.
Tant que nous luttons contre nos pensées, nos émotions, nos croyances, nos peurs ou nos souffrances, en affirmant que tout cela nous ne le voulons pas, nous leur donnons une importance immense.
Comme si notre survie en dépendait.
À l'inverse, lorsque nous cessons de nous battre, lorsque nous cessons de vouloir à tout prix que notre vie soit différente de ce qu'elle est, et de ce qu'elle à été, quelque chose change.
Nous ne réagissons plus mécaniquement à ce qui nous arrive.
Nous cessons peu à peu de nourrir ce qui nous retenait prisonniers.
Et les chaînes commencent à tomber.
Une expression est répétée depuis plus de deux mille ans :
« Ainsi soit-il. »
Peut-être que cette parole nous invite, non pas à la résignation, mais à un consentement profond envers ce qui Est.
La vie est ainsi.
Certaines choses nous réjouissent.
D'autres nous blessent.
Mais, dans les circonstances où elles se sont produites, pouvait-il vraiment en être autrement ?
Même lorsque j'ai été maltraité durant mon enfance, je ne peux plus y voir aujourd'hui une punition, un karma...
J'y vois plutôt des êtres agissant avec tout ce qu'ils portaient en eux.
Cela n'excuse pas leurs actes.
Mais cela m'aide à les comprendre par la Compassion.
Et peut-être que comprendre est déjà une forme de libération.
Cette manière de regarder le monde se retrouve chez des penseurs comme Spinoza.
En remettant en question certaines interprétations religieuses, il ne rejetait pas nécessairement sa foi.
Au contraire, il cherchait à comprendre autrement.
Peut-être que bien d'autres, avant et après lui, ont entrevu cette même invitation :
Cesser de lutter contre ce qui Est, pour enfin le voir.
Vouloir ne vivre qu'avec ses pétales ne fait pas de la vie une rose.
Vouloir ne vivre qu'avec ses épines ne fait pas davantage de la vie une rose.
La vie est une rose avec ses pétales et ses épines.
C'est ce qui Est.
Peut-être en est-il de même pour nous.
Alors, peut-être qu'un jour, la compréhension laisse simplement place à ce qui Est.
Car vouloir comprendre, c'est peut-être encore chercher et rester prisonnier.
Est-ce une Vérité ? Je n'en sais rien, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien et que je ne suis rien.
Cette parole, comme toutes les autres, n'est qu'une réflexion...
Alors, voyons simplement ce qui Est.