À tous ces pharisiens modernes.

À tous ces pharisiens modernes.

À ceux qui parlent de l’hypocrisie, de l’ego, des manipulateurs, des narcissiques, des personnes toxiques.

À ceux qui enseignent la bienveillance, l’Amour, la tolérance, la liberté d’être.

Mais une question me vient :
Et vous ?

Aujourd’hui, sous une publication décrivant « l’hypocrite », j’ai simplement demandé :
Qu’y a-t-il au-delà de l’hypocrite ?
Pourquoi est-il ainsi ?
Son parcours ? Ses souffrances ?
Il n’est pas né hypocrite, il l’est devenu.

On m’a répondu que son histoire pouvait expliquer ce qu’il était devenu, mais que l’hypocrisie restait un choix.

Alors j’ai questionné ce choix.

Spinoza disait, en substance, que nous nous croyons libres parce que nous avons conscience de nos actes, mais que nous ignorons les causes qui nous déterminent.

Je n’ai pas défendu l’hypocrisie.

J’ai simplement essayé de regarder l’être humain derrière l’étiquette.
Et j’ai été banni.
Ma réponse avec moi.

Cela m’a fait sourire.

Car il est facile de tendre un miroir aux autres.

Beaucoup plus difficile de ne pas le briser lorsqu’on nous le retourne.

Et cela ne concerne pas seulement l’hypocrisie.

Nous pouvons enseigner la tolérance et ne supporter aucune contradiction.

Parler de l’ego en ayant besoin d’avoir raison.

Prêcher la bienveillance tout en rejetant celui qui dérange.

Parler de liberté tout en faisant taire celui qui pense autrement.

Parler d’Amour et n’aimer finalement que ceux qui nous confortent.

Il y a deux mille ans, Jésus s’adressait déjà durement aux pharisiens.

Non parce qu’ils ne connaissaient rien.
Justement.
Ils connaissaient.
Ils enseignaient.

Mais il leur reprochait cet immense fossé entre ce qu’ils demandaient aux autres d’être et ce qu’ils étaient eux-mêmes.

Les pharisiens n’ont peut-être jamais disparu.
Ils ont simplement changé de vêtements.

Aujourd’hui, certains portent des robes.
D’autres des costumes.
Et d’autres encore possèdent des milliers d’abonnés.

Car les réseaux sociaux offrent une chaire extraordinaire pour expliquer aux autres ce qu’ils devraient comprendre, guérir, dépasser ou devenir.

Mais une chaire ne transforme personne en ce qu’il enseigne.

Les mots peuvent parler de Lumière pendant que nos actes restent dans l’ombre.

Alors regardons l’hypocrite.
Regardons le manipulateur.
Regardons l’ego de l’autre.

Mais ayons au moins le courage de regarder celui qui les désigne, c'est-à-dire nous-mêmes.

Et puisque j’écris aujourd’hui cette parole :
regardons également celui qui l’écrit.
Moi aussi.

Car le jour où je commencerai à croire que mes paroles me placent au-dessus de celui dont je parle…
un nouveau pharisien sera peut-être simplement né.

Je suis un homme de Compassion.
Mais ma Compassion, comme celle que je vois chez Jésus, ne consiste pas à caresser les pharisiens dans le sens de leur vérité.

Elle devient ferme devant ceux qui enseignent aux autres une vérité qu’ils ne vivent pas eux-mêmes.

Car il y a peut-être une chose plus dangereuse encore que de ne pas savoir :
enseigner aux autres ce que l’on prétend Être sans l’Être soi-même.

Je vous le dis : même dans une rencontre vivante avec moi, je serai intolérant envers ce refus de regarder ce qui Est en soi.

Je ne pactise pas avec l’ombre qui refuse de se voir.

Je ne suis pas là pour la condamner. Je suis là pour la dévoiler.

Car sortir de l’ignorance, ce n’est peut-être pas devenir meilleur. C’est commencer à voir ce que nous Sommes, même lorsque cela ne correspond pas à ce que nous prétendons Être.

Car peut-être que la Réalité commence là où commençait déjà l’une des plus anciennes invitations de la philosophie qui était inscrite au temple d’Apollon à Delphes:
« Connais-toi toi-même. »

Et peut-être qu’avant d’enseigner aux autres ce qu’ils Sont, faudrait-il commencer par là.

Jayden