Je ne vais plus seulement te parler de ta lumière.
Parce que ta lumière, tu veux bien la regarder.
Ta bonté.
Ta sensibilité.
Ta générosité.
Ta Compassion.
Ta spiritualité.
C'est agréable.
Mais ton ombre ?
Tes contradictions.
Tes jalousies.
Tes mensonges.
Tes manipulations.
Tes colères.
Tes désirs inavouables.
Tes pensées lorsque plus personne n'est là pour les entendre.
Là, c'est différent.
« Ça, ce n'est pas moi. »
Et pourtant...
si cela apparaît en toi, pourquoi refuser de le regarder ?
Je ne dis pas que tu Es ton ombre.
Je dis que tu ne peux peut-être pas être libre tant que tu dois continuellement la cacher.
Car ce que nous refusons de voir ne disparaît pas parce que nous fermons les yeux.
Cela continue parfois à agir.
Dans nos choix.
Dans nos relations.
Dans nos réactions.
Dans nos paroles.
Puis nous cherchons la liberté.
Encore.
Une nouvelle méthode.
Une nouvelle pratique.
Une nouvelle connaissance.
Une nouvelle quête.
Toujours plus de lumière.
Mais peut-être cherchons-nous au mauvais endroit.
Car la lumière elle-même est incomplète sans l'ombre.
Comment saurions-nous ce qu'est la lumière s'il n'existait aucune obscurité ?
Une lumière en plein soleil se remarque à peine.
Allumez une lampe dans une pièce plongée dans le noir...
et soudain, elle apparaît.
La lumière se révèle dans l'obscurité.
Voilà peut-être ce que je suis lors d'une rencontre.
Une lampe.
Mais pas une lampe qui viendrait t'apporter « ma lumière ».
Je n'ai aucune lumière particulière à te donner.
Ta lumière, tu la connais déjà suffisamment.
J'éclaire plutôt là où tu éteins la lumière.
Là où le regard ne veut pas aller.
Là où apparaît une contradiction entre ce que tu dis et ce que tu fais.
Entre ce que tu montres et ce que tu penses lorsque tu es seul.
Entre celui que tu crois être et celui qui apparaît parfois malgré toi.
Je ne mets pas cette lumière pour combattre ton ombre.
Je l'éclaire pour qu'elle puisse enfin être vue.
Car voir son ombre, ce n'est pas devenir son ombre.
C'est peut-être commencer à s'en libérer.
Non pas en la détruisant.
Mais en cessant de la fuir.
Et c'est là qu'apparaît le clair-obscur.
Dans un clair-obscur, la lumière ne détruit pas l'obscurité.
L'obscurité ne détruit pas la lumière.
C'est leur rencontre qui révèle les formes.
Alors peut-être sommes-nous ainsi.
Un clair-obscur.
Pas seulement cette personne lumineuse que nous voulons montrer.
Pas davantage cette ombre que nous voudrions cacher.
Mais ce qui contient les deux.
Voilà pourquoi je ne regarde pas seulement tes pétales.
Je regarderai aussi tes épines.
Et je ne ferai pas semblant de ne pas les voir pour protéger l'image que tu as de toi-même.
Pas pour te juger.
Pas pour te condamner.
Pas pour te dire comment arracher tes épines.
Mais parce que je parle de non-dualité.
Et vouloir conserver uniquement la lumière en rejetant l'ombre...
c'est encore vivre dans la dualité.
Lumière contre obscurité.
Bien contre mal.
Pétales contre épines.
Ce que j'accepte de moi contre ce que je refuse catégoriquement d'être.
Je ne participe pas à cette division, comme bien d'autres thérapeutes, enseignants, éveillés ou tout autre nom qu'ils peuvent s'attribuer.
Alors oui...
je serai peut-être cette lampe qui éclaire ton clair-obscur.
Pas pour décider de ce que tu dois voir.
Je ne détourne pas mes yeux de ce que je vois simplement parce que cela pourrait être désagréable à entendre.
Ta lumière, tu la connais.
Moi, je regarde aussi là où tu éteins la lumière.
Parce que peut-être qu'au moment où tu pourras enfin regarder ton ombre sans la fuir...
tu découvriras qu'elle n'a jamais été l'opposé de ta lumière.
Elle permettait aussi de la voir.
Et peut-être comprendras-tu enfin pourquoi je te parle depuis si longtemps de cette Rose.
Les pétales ne sont pas la Rose.
Les épines ne sont pas la Rose.
La lumière n'est pas la Rose.
L'ombre n'est pas la Rose.
La Rose porte tout cela.
Et pourtant...
la Rose Est.
Je Suis cette lampe qui éclaire ton clair-obscur ; qui ne condamne pas, mais révèle ; qui n'arrache pas, mais montre aussi l'ombre, parce que sans elle, la lumière elle-même reste incomplète.