Et si ta « moitié » n'avait jamais existé ?
On entend parfois :
« L'homme et la femme sont les deux faces d'une même pièce. »
L'homme serait la pensée, l'action, la vision.
La femme serait la réception, la création, le lâcher-prise.
Et chacun devrait retrouver sa « polarité ».
Mais regarde simplement une pièce.
Retourne-la.
Que vois-tu ?
Une autre face, oui.
Mais toujours la même pièce.
Alors pourquoi faudrait-il chercher cette autre face dans quelqu'un d'autre ?
Et surtout, qui a décidé que penser, choisir et agir appartenaient davantage à l'homme ?
Qu'une femme qui développe sa propre vision s'éloignerait de sa nature ?
Ou qu'un homme qui reçoit, ressent et lâche prise quitterait la sienne ?
Peut-être avons-nous entendu ces idées, lu des livres, écouté des enseignements...
jusqu'à ne plus entendre qu'il s'agit encore de pensées.
Puis un jour nous disons :
« J'en suis certain. »
Certain ?
Qui est certain ?
« Moi. »
Qui est ce moi ?
Celui qui voit réellement ce qui Est ?
Ou celui qui a appris à regarder ainsi ?
Car il existe un danger subtil à transformer une croyance en Vérité :
la séparation.
Une femme pourrait chercher toute sa vie le masculin censé lui manquer.
Un homme pourrait attendre le féminin qui le compléterait.
Et chacun regarderait l'autre comme la partie manquante de lui-même.
Quelle étrange manière de chercher l'Unité.
Nous séparons d'abord l'Être en deux...
puis nous passons notre vie à vouloir réunir ce que notre pensée vient de séparer.
Je ne dis pas qu'il n'existe aucune différence entre un homme et une femme.
Je questionne autre chose :
pourquoi transformer nos différences en deux moitiés de l'Être ?
Je ne vois pas une moitié lorsque je regarde un homme.
Je ne vois pas davantage une moitié lorsque je regarde une femme.
Je vois un Être.
Entier.
Et peut-être que la véritable question n'est pas :
« Où est mon autre polarité ? »
Mais :
Qui m'a fait croire qu'il me manquait une moitié ?
Jayden